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L’intégration industrielle allemande : un modèle pour le Maroc ?

Views : 226 | Published the 24.04.2012 par Jakob Hoeber | 2 Comment(s) | Share on Facebook | Share on Twitter

L’industrie allemande puise sa force principale des délocalisations dites « verticales » engagées depuis les années 90. Aujourd’hui, le Maroc se présente comme un partenaire potentiel pour cette stratégie.

Beaucoup d’encre est versée aujourd’hui dans une Europe en crise – on est vite à blâmer certains acteurs et à trouver des phénomènes accusateurs pour les difficultés de la zone Euro. Quant à l’Allemagne, elle a un rôle assez particulier dans cette situation : à cause de son succès, elle est enviée par les uns, et se retrouve sur le ban d’accusateur chez les autres, parfois les deux dans une seule phrase. Mais, et ceci peut paraître assez paradoxal, le succès de la plus grande économie européenne s’explique, en partie, par un phénomène qu’on blâme généralement pour la destruction des emplois et les difficultés de certains pays en Europe : la délocalisation.

En effet, c’est avec la pression sur l’industrie exercée par les pays à bas salaires, notamment de la Chine qui prend de l’ampleur dans les années 90, que l’industrie allemande décide d’internationaliser sa production. Une manœuvre assez particulière si on tient compte de l’atmosphère de ces années dans les pays développés : l’industrie et spécialement le secteur manufacturier paraissait démodés, les services semblaient être le secteur de l’avenir. Par la suite, beaucoup de pays ont décidé d’abandonner la production et de ne pas réévaluer la stratégie ce qui condamnait la plupart des entreprises industrielles à une mort certaine. Pas l’Allemagne, qui a opté pour une délocalisation « verticale ».

Le Cargo « Hambourg Express » dans le port de Southampton (GB)

Certes, le pays a profité de sa localisation géostratégique au sein de l’Europe, et de l’ample disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée dans les pays de l’Europe centrale et orientale (PECO) après l’indépendance des pays de l’est et l’écroulement des régimes à organisation socialiste – un processus encore renforcé lors de l’adhésion des pays de l’est à l’UE. Il a aussi pu tirer l’avantage de ses nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) patrimoniales dont les décideurs ont préféré accepter les défis de la mondialisation économique en recherchant des nouvelles opportunités et stratégies. Finalement, c’était une décision stratégique qui paraît, pour le moment, être la bonne.

Avec l’augmentation des prix unitaires du travail dans les PECO – Pays d’Europe Centrale et Orientale, le Maroc devient une option réelle pour l’intégration industrielle.

Avec l’augmentation des prix unitaires du travail dans les PECO, le Maroc devient une option réelle pour l’intégration industrielle. En effet, les coûts unitaires du travail ont triplé dans les pays avoisinant l’Allemagne à sa frontière occidentale (voir tableau). Le Maroc, avec son SMIG autour d’un Euro/heure, pourrait remplacer les PECO comme destination principale des Investissements directs à l’étranger (IDE) dans un secteur industriel à faible valeur ajoutée.

Dans le secteur industriel hors construction, les domaines de l’électronique et de l’industrie automobile peuvent être sujets à coopération. Les plus communs sont la production du câblage, la fabrication et l’assemblage des pièces détachées. C’est ainsi que, entre autres, le producteur de câblage Leoni est implanté au Maroc depuis 2007. Les domaines supplémentaires qui visent le marché local ainsi que la réexportation sont les énergies renouvelables, surtout l’éolien et le solaire, ainsi que, partiellement le secteur agricole. Les opportunités d’une intégration industrielle sont néanmoins faibles parce que le Maroc est plutôt un marché pour la distribution qu’un acteur industriel dans ces domaines.

Le Maroc – quels atouts, quelles faiblesses ?

Il est évident que le Maroc présente certaines différences comparées aux PECO. On peut nommer les coûts en général, la distance, la langue, le cadre législatif et les différences culturelles. En ce qui concerne les coûts, de multiples facteurs sont à prendre en compte. Malgré un coût de main-d’œuvre à prix avantageux et le transport (voir ci-dessous), il faut y rajouter des coûts pour une productivité plus faible, liée à la motivation et l’accessibilité de la main-d’œuvre ainsi que les pertes liées à l’infrastructure, et les frais de dédouanement. Or, les frais des douanes ne pèsent pas très lourds dans la facture totale en raison de la création des zones franches, du démantèlement douanier des produits industriels provenant de l’Europe dès le 1 mars 2012, et de l’exemption de la douane pour les produits modifiés sur le sol marocain, ainsi que du régime du « perfectionnement passif » établi par l’Union Européenne.

Droits de douane allégés, main d’oeuvre qualifiée dans les villes côtières, mouvements ouvriers mineurs : voici les atouts de l’intégration industrielle du Maroc.

Ce régime permet aux entreprises européennes de réaliser des opérations de transformation dans un pays hors de l’UE – lors de l’importation, seule la valeur ajoutée à l’étranger est soumise à la taxe. Un autre sujet est la question des pertes causées par une non-production des usines : les raisons sont en général le manque de personnel, une grève ou un problème lié à l’infrastructure. Au Maroc, le personnel non-qualifié (habituellement soumis à une forte fluctuation) est disponible dans les grandes villes côtières, surtout dans les centres industriels entre Casablanca et Kenitra. Les grèves sont également négligeables – mais cette situation pourrait rapidement changer comme cela est le cas en Tunisie à un moment qui connait l’apparition de grèves sauvages, ce qui a déjà incité le constructeur de câblage japonais Yazaki à la fermeture d’une de ses usines. Quant à l’infrastructure, elle est généralement bonne entre Casablanca et Kenitra, mais connait des problèmes d’énormes bouchons à certaines heures de la journée. L’approvisionnement en Internet et électricité est stable.

Quant à la distance, elle est, financièrement parlant, négligeable si on tient compte des avantages d’une main-d’œuvre bon marché. Le transport maritime ne présente qu’un faible coût, et l’infrastructure portuaire au Maroc se développe pour le mieux depuis des années. Or, la principale faiblesse est, en termes de temps et de réactivité. Dans un cadre industriel « just-in-time », qui cherche à éviter le stockage, le temps supplémentaire du transport maritime par rapport au transport routier est largement plus élevé. S’y ajoute la contrainte des points fixes à passer, du port à port. La route la plus courte pour l’approvisionnement des usines situées surtout au sud de l’Allemagne passerait via des ports en France et en Italie, surtout Gênes, avec une majoration légère en termes de temps d’approvisionnement. Ce manque de souplesse réduit les opportunités, surtout pour la production de matériel supposé connaître des fortes fluctuations de demande. Par contre, pour les produits connaissant une demande stable – par exemple le câblage des voitures – le Maroc possède tous les atouts.

Il existe plusieurs contraintes concernant l’intégration industrielle du Maroc, allant de sa position géographique par rapport à l’Europe, mais également son fossé culturel avec son partenaire européen.

La langue serait une autre contrainte à résoudre. L’avantage qu’ont les PECO est une population, par comparaison, souvent germanophone ainsi qu’un grand nombre de slavophones qui vit en Allemagne. Le français est bien entendu, largement parlé en Allemagne, mais les francophones se partagent entre eux le grand marché des pays francophones, notamment la France, principal partenaire économique. Avec une population de plus en plus anglophone au Maroc, surtout parmi les cadres, cette réalité ne présente pourtant pas un obstacle insurmontable.

Quant au cadre législatif, l’intégration des PECO, membres de l’UE depuis sept ans, et une harmonisation bien avancée surtout dans le cadre du Code de Commerce et du respect de la propriété intellectuelle. Or, le Maroc a entrepris de grands efforts concernant la modernisation de sa législation, mais des avancées restent à faire notamment dans le cadre du recouvrement et de la sécurité des investissements. Même si les Codes respectifs ont connu des changements majeurs ces dernières années, l’intégration de ces mesures dans la juridiction, la formation des juges et tout simplement dans les habitudes des acteurs risque de tarder. Assez souvent, l’adoption d’une loi n’est pas garante de sa bonne exécution.

En effet, ce sont ces différentes approches dues à la culture d’un pays qui mènent un investissement à l’échec. Régulièrement mésestimés, les conflits liés aux « malentendus culturels » peuvent causer des dégâts au-delà d’une simple perte d’argent, mais nuire, à tort, à l’image d’un pays. Ceci peut être la perception de la ponctualité, la façon de mener une conversation, de négocier ou de diriger une équipe – la liste est longue. Il est vrai que cet écart culturel entre le Maroc et l’Allemagne est plus grand qu’avec les PECO. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il peut y avoir une opportunité et que la différence engendre aussi des avantages – comme un nouveau regard sur les habitudes et les fonctionnements acceptés comme sous-entendus. Le problème n’est que de les identifier, et de les saisir par la suite.

Les avantages comparatifs du Maroc

En plus, le Maroc présente certaines opportunités qui n’existent pas dans les PECO : on pourrait penser à l’intégration des nouveaux marchés à partir du Maroc, dans d’autres pays du Maghreb, mais surtout en Afrique de l’Ouest, une zone qui a connu une forte croissance économique ces dernières années. Le Maroc serait une base stable pour la conquête de ces marchés. Le pays a fait preuve de stabilité lors des bouleversements du Printemps arabe et le Gouvernement autour de la Cour Royale paraît assez solide pour pouvoir résister à l’instabilité de la région.

Une coopération industrielle entre l’Allemagne et le Maroc pourrait augmenter la confiance réciproque tout en produisant un transfert de savoir-faire à long terme permettant d’attirer plus d’IDE.

Pour résumer, on peut constater que le Maroc serait un pays successible à une intégration industrielle. Or, le champ d’action reste limité pour le moment à une délocalisation de la production à faible valeur ajoutée, comme le câblage et l’assemblage des pièces détachées. Mais comme l’a montré l’exemple des PECO ainsi que celui de certains pays d’Asie avec le phénomène du « vol d’oies sauvages », ce ne serait qu’une première étape vers un développement industriel réel bénéfique pour l’Allemagne et le Maroc. En effet, non seulement qu’une telle coopération augmente la confiance réciproque, elle produit également un transfert de savoir-faire à long terme qui permettra d’attirer plus d’IDE ainsi qu’une production à haute valeur ajoutée.

L’Allemagne quant à elle saurait profiter aussi de cette coopération par le maintien de sa compétitivité à l’international, notamment contre la concurrence asiatique et américaine de plus en plus accrue et par l’ouverture des portes en Afrique où le marché de l’avenir se situe. Il est vrai qu’aujourd’hui, la concurrence est à rechercher en Amérique du Nord et en Asie plutôt que sur la rive sud de la Méditerranée. Couplé avec les coûts d’une instabilité en Afrique du Nord pour l’Europe, on ne peut qu’appuyer le développement économique de nos voisins du sud. L’intégration industrielle serait un moyen propice pour le faire.

Récession 2012 : guerre ISDA-hedge funds, mort des CDS et colère de Wall Street

Views : 1 613 | Published the 05.03.2012 par Adrien Gévaudan | 0 Comment(s) | Share on Facebook | Share on Twitter

Le mois de mars est à peine entamé que le monde de l’économie (pas le supplément du Monde, qui a d’ailleurs créé une mystérieuse rubrique Économie et Médias ; lisent-ils régulièrement IntStrat pour épouser si bien nos critiques?!), que les augures se multiplient sur la probable récession qui attend le monde occidental pour 2012. Il semble d’ailleurs qu’il y ait tellement de raisons de croire à une récession qu’un adepte du contre-pied non-linéaire (expression pléonasmique, sauf pour qui s’y connaît en mathématiques) serait tenté d’y voir les signes précurseurs d’un rebond économique inattendu. Mais trêve de digression : avant de rentrer dans le vif du sujet et d’expliquer la signification de ce titre accrocheur et/ou abscons, définissons rapidement quelques termes qui peuvent parfois rebuter le non-passionné d’économie.

Lexique partial

CDS (Credit Default Swap) : assurance contre le défaut ; on en parle beaucoup dès lors qu’il est question de la crise des subprimes ou de la crise de la dette européenne. En gros, il s’agit d’une assurance qui se déclenche lorsque le débiteur qu’elle concerne est déclaré « en défaut », incapable de rembourser sa dette.

ISDA (International Swap and Derivatives Association) : Association Internationale des Swaps et Dérivés. Cette structure est essentielle pour comprendre la guerre évoquée plus haut. En effet, nous avons dit que le paiement des CDS se déclenche lorsqu’un débiteur est considéré comme étant en défaut ; et bien l’ISDA est l’unique structure décidant de ce qui doit être considéré comme un défaut ou non, via la qualification « d’évènement de crédit ».

Pas d’évènement de crédit, pas de défaut, donc pas de paiement des assurances. Par conséquent il faut maintenant proposer une nouvelle définition au concept de « défaut ». Voilà ce que dit la section Défaut de paiement de la page Wikipedia consacrée à la dette extérieure d’un pays :

« Lorsqu’un pays refuse de payer sa dette externe, il se trouve en défaut de paiement. Cette décision entraîne généralement une chute de confiance des créanciers publics et privés, qui seront ainsi découragés à accorder au pays concerné tout nouveau prêt et à investir dans le pays. Le défaut sur la dette permet peut-être d’améliorer la situation à court terme (en stoppant les flux de remboursement), mais il peut aggraver la situation économique du pays sur le long terme. »

La page dédiée au Défaut de Paiement, elle, énonce :

« Le défaut de paiement désigne le fait qu’une entreprise ou un pays ne soit pas en mesure d’honorer une partie ou la totalité de ses engagements envers un tiers. Le défaut de paiement de la part d’une entreprise peut entrainer la faillite de celle-ci. »

Pourtant, voilà la véritable définition :

Défaut de paiement : qualification de l’ISDA, arbitraire et indépendante de toute réalité économique car soumise à un évènement dit « de crédit », que l’ISDA est, seule, libre de reconnaître ou non.

La colère de Wall Street

Venons-en à cette fameuse guerre évoquée en titre. Les CDS sont, à la base, achetés par des personnes souhaitant se prémunir contre un risque de défaut. Le problème est que de nombreuses structures financières ont vu dans la crise grecque une occasion de s’en mettre (encore une fois), plein les poches.

Comment ?

En achetant des CDS sur la dette grecque, tout simplement. En effet, il faut savoir que les CDS sont des produits financiers et s’échangent librement ; on peut d’ailleurs parfaitement s’assurer contre un défaut grec sans détenir de la dette éponyme. Ainsi, au vu de la crise économique, les CDS grecs ne s’achètent pas à hauteur de l’assurance qu’ils représentent, mais à un prix bien inférieur. Sentant l’odeur du sang, certaines structures, parmi lesquelles de nombreux hedge funds, ont ainsi acheté à très bas prix des assurances contre le défaut de la Grèce, en espérant ensuite être indemnisés à hauteur de la valeur initiale de l’assurance.

Acheter au rabais pour 10 en espérant toucher 100 ; on s’en lèche les babines.

Sauf que voilà : si théoriquement la Grèce est en défaut depuis belle lurette (et ne commencez pas à jouer sur les mots, relisez plutôt la définition donnée plus haut), les hedge funds ont naïvement cru que cela aller se répercuter dans les faits. Et bien non ! Comme nous l’avons vu plus haut, un défaut, quand il est question de dette nationale, n’a (presque plus) rien à voir avec le fait de rembourser ou non ses dettes.

Pour qu’il y ait défaut, il faut qu’il y ait évènement de crédit ; pour qu’il y ait évènement de crédit, il faut que l’ISDA en décide ainsi.

Jeudi matin, l’ISDA a tranché : pas d’évènement de crédit ! Niet ! Nada ! Vous avez des CDS ? Vous pouvez vous assoir dessus.

Pourquoi un tel entêtement à reconnaître la réalité du défaut grec ? Un début de réponse est sans doute lié au fait que les plus grandes banques du monde sont membres de l’ISDA (liste non-exhaustive : BNP Paribas, Crédit Suisse, Société Générale, Bank of America, UBS, Deutsche Bank, JPMorgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, etc.). On peut comprendre que celles-ci rechignent à l’idée de qualifier la situation grecque en évènement de crédit, étant entendu qu’une telle décision les pousserait à devoir payer les CDS qu’elles ont-elles-mêmes vendus… Et oui, les banques contrôlent près de 100% du marché des CDS.

Ca ressemble à un défaut de paiement, a l’odeur et le goût du défaut de paiement… mais ce n’est pas un défaut ! Comme le disait Desproges : « réjouissons-nous nous vivons dans un siècle qui a résolu tous les vrais problèmes humains en appelant un chat un chien. »

La contre-attaque financière

Les hedge funds et autres structures financières espérant un défaut en sont donc pour leurs frais… et leur riposte sera terrible. Tout d’abord, constatant que leurs CDS n’ont plus aucune valeur, ils vont les brader ; génial, comme en 2008 lors de la crise des subprimes. En conséquence, une nouvelle flambée des taux grecs, et surtout portugais est à attendre.

Ensuite, assez comiquement, les banques vont devoir elles-aussi acter la nouvelle valeur, proche de zéro, des CDS ; ces derniers étaient pour elles des arguments en faveur de la non-nécessité de provisionner (à savoir : augmenter leurs réserves de liquidités pour faire face à un éventuel défaut). Argument non-recevable désormais.

Dernière étape du raisonnement : les banques vont liquider leurs actifs toxiques tout en augmentant leurs réserves… ce qui pourrait causer une nouvelle crise de liquidités, les banques devenant ainsi plus réfractaires au crédit. Voilà qui devrait faire plaisir à la BCE, qui devra, une nouvelle fois, avaler son chapeau monétaire.

Debtocracy, ou dictature de la dette ; titre d’un documentaire ayant eu, étrangement, beaucoup de succès en Grèce

Peuple(s) européen(s) : fermez vos gueules

Et oui : qui paie le tribut du sang à cette gué-guerre souterraine et larvée ? Les populations européennes, bien sûr ; certainement pas les structures financières évoquées tout au long de ce billet. Peut-être est-cela la guerre, après tout ; Desproges, chez qui on ne soupçonnait pas une telle clairvoyance économique avouons-le, disait de la guerre qu’elle faisait s’entre-tuer des gens qui ne se connaissent pas au nom de puissants qui se connaissent mais ne s’entre-tuent pas.

Les munitions des deux camps sont les santés des Etats. Les grecs paient actuellement le prix fort, non plus de leur laxisme légendaire, mais pour avoir voulu s’en soigner. Le mécanisme de contagion n’ayant pas été brisé, mais, au contraire, renforcé suite à ce nouvel épisode dramatique, on peut raisonnablement attendre pour 2012 de nouveaux sommets extraordinaire(ment ordinaire)s, de splendides déclarations hypocrites, et de joyeuses récessions.