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Journée Mondiale de la Liberté de la Presse 2011 : une occasion historique pour la Tunisie et l’Europe

Mardi 3 mai 2011, en Tunisie, s’est tenue la 20e Journée Mondiale de la Liberté de la Presse de l’UNESCO. Le centre culturel El Menzah, dans la banlieue éponyme, a accueilli pour l’occasion des experts, des philosophes, des journalistes, des ministres et des écrivains, afin de discuter de la liberté d’expression, de son rôle au sein d’une société démocratique et des conditions de son plein exercice. Choix symbolique, s’il en est, en raison des mouvements du 18 janvier et des révolutions arabes, la Tunisie, premier pays à avoir remercié son cher dictateur, a donc reçu (non sans un certain déplaisir, parfois) une centaine d’étrangers bombardés experts pour l’occasion.

Invité pour parler de la sécurité des journalistes et des nouveaux obstacles à la liberté d’expression, j’aimerais revenir sur l’étonnante complémentarité qui existe aujourd’hui entre le Sud et le Nord, entre la Tunisie et la France. Il s’agira d’étudier les enseignements (et ils sont nombreux) des situations, particulières et communes, de deux sociétés médiatiques radicalement opposées ; tout en rejetant, si possible, tout paternalisme néo-colonialiste «  à l’occidentale » exprimé envers une société qui, dans le fond, vient de donner aux peuples européens une véritable leçon d’engagement politique.

Une réappropriation militante

Quelle surprise, en effet ; voilà un peuple opprimé depuis des décennies, qui décide subitement qu’il en a assez, et déloge son historique et réputé inamovible dictateur, Zine El-Abidine Ben Ali. Peu importent les causes ; observons la méthode. Au final, elle est assez classique : manifestations, revendications démocratiques et affrontements avec les ben-aliesques forces de police. Mais, pour la première fois dans un mouvement de cette ampleur, la mobilisation citoyenne intègre l’utilisation de TIC afin d’informer, communiquer, organiser, coopter et coordonner.

« Merci Facebook », clame un des grafitis de l’avenue Habib Bourguiba. En effet, voilà qu’une utilisation subversive des réseaux sociaux se démocratise ; Mark Zuckerberg a du être le premier étonné, lui qui était si pleinement satisfait du bouillon narcissique dans lequel baignait son bébé. Voilà que Facebook est utilisé à des fins politiques concrètes, c’est-à-dire pour autre chose que dénoncer l’interdiction d’un spectacle ou condamner des prières de musulmans.

Un journalisme « pavlovien »

Les citoyens tunisiens ont donc démontré de leur capacité à être acteurs d’une vie politique qu’on leur avait confisquée. Les journalistes, eux, étaient divisés en deux groupes : les illégaux poussés à la clandestinité à cause de leur attachement à la liberté d’expression ; et les « chiens de garde du pouvoir » (Nizan/Halimi). Mais là où la dictature de Ben Ali a été particulièrement efficace, cela a été dans la définition de mesures de contrôle intériorisables. Le journalisme tunisien créé par Ben Ali avait ceci d’original qu’il intégrait dans son quotidien les mécanismes de contrôle du régime.

Lors de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, au centre culturel El Menzah de Tunis, j’ai pu être témoin de l’héritage de ce déficit de méthode : de nombreux journalistes ont demandé de l’aide, aux intellectuels tunisiens et aux Européens, car ils semblent ne plus connaître les détails de la pratique journalistique quotidienne (conférences de rédaction, méthode d’écriture, limites du langage, etc). Si une certaine irritation, voire animosité, a pu être constatée, notamment envers les Marocains et les Français, les journalistes tunisiens semblent conscients de leurs carences actuelles, et demandeurs de formation. Problème : l’existence d’une certaine tendance à l’idéalisation des sociétés médiatiques occidentales.

France : un monde médiatique professionnel mais en quête de définition

Un philosophe tunisien, intervenant lors de la conférence de l’UNESCO, a cité en exemple « l’indépendance éditoriale existant, en France, entre l’équipe rédactionnelle et les propriétaires du journal ». Il suffit de lire le dernier livre d’Ignacio Ramonet, L’explosion du journalisme, pour se faire une idée du panorama médiatique actuel, et du décalage entre l’assertion du philosophe tunisien et la situation française. Le journalisme français cherche actuellement à se redéfinir, devant l’inadéquation de ses modèles économiques historiques avec la réalité d’une société de l’information désormais instantanée.

Mais si cette définition d’un modèle économique viable reste à inventer, force est de constater que le débat bat son plein, et que les exemples sont légion (Mediapart, New-York Times, Le Monde.fr, etc.). Ce qui peut particulièrement intéresser le milieu journalistique tunisien, cependant, c’est une certaine gestion quotidienne de l’information ; et si beaucoup d’initiatives en ce sens ont déjà été lancées, notamment par la France et la Belgique, j’ai pu constater que la forme de ces dernières répugnait, parfois, les journalistes tunisiens. Appelées « mises à niveau » dans certains cas, elles souffrent d’un manque de tact vis-à-vis d’une société déjà réticente à accepter de l’aide d’un ancien colonisateur.

Les leçons citoyennes de la jeunesse tunisienne

Certes, la Tunisie a beaucoup à apprendre de l’Europe ; en ce qui concerne la pratique démocratique, bien sûr, mais également d’un point de vue journalistique. En revanche, ce serait une erreur que de croire que l’Europe, elle, n’a rien à apprendre de la Tunisie, et plus généralement des révolutions arabes. Que des peuples qui se laissaient porter par des régimes en place décident de se réapproprier leur citoyenneté, et reprennent en main leur destin, voilà qui peut être porteur d’espoir pour une jeunesse européenne marquée par le désengagement politique. Et qu’on ne s’y trompe pas : ceci n’est pas une idée en l’air, en témoigne la mobilisation de la jeunesse espagnole, qui se revendique de « l’esprit de la place Tahrir ».

Plutôt que de mettre en place des «  mises à niveau » à sens unique, il serait intéressant qu’un programme d’échanges mutuels soit établi ; et que les jeunes tunisiens viennent former les jeunes français… ?

[Article initialement publié sur Affaires Stratégiques, le portail d'actualité de l'IRIS ; repris ensuite par le site de l'Association Mémoire des luttes]

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IntStrat à l’UNESCO

Vous trouverez ci-après le lien vers l’enregistrement de la troisième session de travail de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, qui s’est tenue le 3 mai dernier à Tunis.

IntStrat à l’UNESCO

Plus d’informations, dont un compte rendu de conférence, à suivre bientôt sur IntStrat.

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L’or bleu et Israel – une arme stratégique

Peu de régions dans le monde connaissent un stress hydrique aussi important que le Moyen Orient. Avec un climat généralement aride, et des températures très élevées, notamment en été, l’accès à l’eau représente un enjeu géopolitique essentiel, comme de nombreux analystes se plaisent à le souligner ; souvent, l’enjeu n’est pas tant économique et/ou social, qu’une véritable question de survie.

Or, si la rareté de l’eau ne plane pas encore comme une menace sur l’individu, elle s’impose cependant aux gouvernement de la région, en les mettant face à des problèmes qui peuvent mener jusqu’à la mise en cause de leur intégrité territoriale. Contrôler les sources d’eau est un enjeu crucial. Leur maîtrise, et donc leur instrumentalisation, permet de maintenir une certaine pression vis à vis d’éventuels voisins dépendants, et d’influer tant sur leurs productions agricoles que sur leur accès à l’eau potable.

Cette logique est omniprésente dans les décisions des gouvernements de la région moyen-orientale : l’accord des pays en amont du Nil, signé en mai 2010, les barrages du Tigre et de l’Euphrate en Turquie, et la mainmise d’Israël sur les sources de plusieurs rivières et de leur sources dans le Golan sont des exemples de cette politique qui cherche à assurer son propre approvisionnement en eau ainsi que maintenir les Etats « hydrauliquement limitrophes » sous pression.

Ce papier se concentrera sur la politique israélienne en matière de maîtrise des approvisionnements en eau, tout en tenant compte de la stratégie appliquée afin de contrôler l’accès aux ressources en eau de la région.

Pour la population dans la région, l’eau est une denrée dotée d’un caractère quasi- sacré. Le gaspillage de cette précieuse ressource doit être évitée à tout prix, même si la culture locale fait de l’accès gratuit à l’eau potable une priorité, notamment dans les pays arabes.

L’accès à l’eau a été une des revendications majeures d’Israël durant la Conférence de la Paix à Paris en 1919. En effet, les considérations économiques liées à la création d’un état sioniste viable se concentraient autour de la question d’un accès assuré à des sources d’eau. L’eau n’est pas seulement essentielle pour la survie, mais également pour l’agriculture. L’autosuffisance alimentaire et le désir de vouloir faire fleurir le désert constitue un élément fort dans l’imaginaire collectif de l’Etat juif. Ceci dit, on constate qu’Israël, malgré son climat très aride, est exportateur net de produits agro-alimentaires.

Sources et exploitation

L’état d’Israël s’approvisionne en eau via trois sources principales : les rivières, les nappes phréatiques et la désalinisation. L’Etat hébreu considère ce triptyque comme essentiel à sa survie. Ainsi, le contrôle et l’accès à ces sources sont extrêmement défendus, militairement au besoin. La politique israélienne en atière de sécurisation des approvisionnements en eau se reflète également dans la planification de l’établissement de colonies sur les territoires palestiniens et du mur de séparation qui divise la Cisjordanie et Israël.

Les rivières

Celles-ci sont exploitées pour la production de l’eau potable, bien sûr, mais surtout afin de subvenir aux besoins de l’agriculture. Le Jourdain, la rivière plus importante en Israël, a été continuellement source de tension entre l’Etat hébreu et ses voisins depuis 1948. Le Jourdain a trois sources : le Dan, qui se trouve sur territoire israélien, le Hasbani et le Banias. Le contrôle de ces deux dernières sources, situées à l’extérieur du territoire israélien tel que reconnu par le droit international, est d’une importance stratégique primordiale pour Israël tout comme ses voisins arabes. La guerre de 1967, même si elle n’était pas entièrement causée par les intérêts de l’eau, a certainement été menée avec en tête le contrôle des sources du Jourdain en Golan et celle du Lac de Tibériade.

Depuis la Guerre de six Jours en 1967, Israël maintient un contrôle strict sur les rivières en amont du Jourdain, empêchant ainsi tout prélèvement ou détournement par la Syrie, le Liban ou la Jordanie. Le plan arabe visant à construire un canal dédié au détournement de quantités majeures d’eau vers la rivière Yarmouk en Jordanie est devenu dès lors caduque. Cette situation offre une position particulièrement favorable à l’état hébreu d’un point de vue stratégique.

Quant au lac de Tibériade, il est la principale source d’eau pour Israël : un système d’hydroducs (« National Water Carriers ») le relie aux parties très arides du pays. Puisque le prélèvement a continuellement été plus élevé que l’afflux assuré par le Jourdain, le lac risque depuis quelques années de baisser dans une telle proportion que, à terme, son existence est menacée. Le point de non-retour à été atteint en 2009, et on estime depuis que des dommages irréversibles ont été causés à cette source.

Le Jourdain, lui, est utilisé par Israël pour assurer la bonne marche de l’agriculture dans le pays. Bien que les techniques d’arrosage aient évoluées avec le temps (augmentant les rendements et les quantités d’eau disponibles), les prélèvements annuels de l’Etat hébreu cumulés aux prélèvements de la Jordanie et de la Cisjordanie sont supérieurs à la quantité nécessaire à la survie de la Mer Morte.

Les nappes phréatiques

Deux nappes phréatiques majeures sont situées sur les territoires israélo-palestiniens : l’aquifère de la montagne et l’aquifère de la côte. Le premier est nourri principalement par les pluies cisjordaniennes ; ensuite, le ruissellement des eaux vers la Méditerranée approvisionne le second.

Un des enjeux pour l’Etat hébreu est de contrôler l’accès et l’exploitation de ces nappes. Pour cela plusieurs stratégies sont employées : tout d’abord opérer une mainmise sur les principaux puits de Cisjordanie. Les colonies israéliennes de territoire sont construites de façon à garantir l’accès direct aux cours d’eau souterrains. La construction du mur qui sépare la Cisjordanie et Israël a été planifiée à partir du même raisonnement : contre toute loi internationale, le mur a été construit sur le territoire palestinien à des endroits stratégiques, notamment ceux qui donnent un accès facilité aux réserves en eaux souterraines, rendant possible l’exploitation des ressources qui reviendraient théoriquement aux Palestiniens.

L’exception à cette politique de mainmise et de contrôle d’accès aux nappes phréatiques est la nappe de Gaza, pour la bonne et simple raison que ces eaux sont inutilisables. Le siège continu ainsi que les bombardements fréquents de la zone, qui ont eu pour conséquence directe la destruction des infrastructures destinées au traitement et au filtrage des eaux usées, ont pollué les nappes phréatiques. Aujourd’hui, les puits situés dans la bande de Gaza sont considérés comme étant parmi les plus pollués au monde, et causent des maladies graves auprès de la population. L’offre du gouvernement israélien de construire une usine de désalinisation à Gaza n’est pourtant pas une solution à ce problème, puisque ces installations nécessitent de grosses quantités d’énergie. Conséquemment, l’eau générée par cette technique coûte extrêmement cher, et serait inaccessible à la plupart de la population palestinienne. Enfin, notons que la livraison d’eau potable de la Cisjordanie vers la bande de Gaza est interdite par le gouvernement israélien.

Une autre mesure imposée par le gouvernement israélien interdit aux Palestiniens de la Cisjordanie de creuser des puits d’une profondeur supérieure à 150 mètres, tandis qu’Israël puise jusqu’à 600 mètres. Les eaux des aquifères en Cisjordanie coulant vers la mer, et donc à travers le territoire israélien, l’Etat hébreu peut facilement puiser dans des eaux bien évidemment hors de portée des Palestiniens. Cette discrimination se reflète dans les quantités extraites par chaque population : Israël utilise environ 80% des ressources des aquifères ; la consommation d’eau est de 70 litres en moyenne et par personne en Cisjordanie (100 litres étant, selon l’ONU, la quantité minimum nécessaire pour vivre) ; Israël consomme autour de quatre fois ce volume par personne, ce chiffre étant encore plus élevé dans les colonies. En même temps le prix du mètre cube d’eau est environ trois fois plus élevé dans ces colonies qu’en Israël. D’autres mesures consistent en la dislocation forcée de villages situés dans des endroits stratégiques sur le plan de l’eau.

Les aquifères sont également menacés par une exploitation supérieure au taux de renouvellement. Des estimations montrent qu’environ 12 millions de m³ d’eau disparaissent chaque année à cause de surexploitations. De plus, environ 20% des réserves souterraines sont contaminées par des produits chimiques originaires de l’agriculture.

La désalinisation

La quantité d’eau issue de ressources fossiles ou fluviales étant limitée, la désalinisation est une solution qui permettrait, en théorie, d’envisager un approvisionnement quasi-illimité en eau. Il est vrai qu’en Israël plusieurs usines de désalinisation ont été construites, employant les technologies les plus modernes. Or, ces technologies sont très chères, tant en ce qui concerne leur acquisition que leur maintenance, et demandent une grande quantité d’électricité pour fonctionner. La grande station de désalinisation d’Ashkelon consomme autant d’électricité qu’une ville de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Néanmoins Israël poursuit et amplifie sa politique de développement de processus de désalinisation ; trois usines existent déjà, deux autres devraient suivre d’ici 2013. Ensemble, leur production annuelle devrait atteindre 503 millions de mètres cube, ce qui correspond à 20-25% de la consommation totale du pays. L’augmentation de la quantité d’eau disponible via cette méthode est sans conteste une bonne nouvelle ; cependant cette politique occulte la gestion désastreuse des autres sources de la région, alors même que les risques de pénuries ne peuvent que s’accroître. De plus, la désalinisation augmente l’indépendance d’Israël vis à vis des sources « classiques » comme les nappes phréatiques et les rivières ; une exploitation encore moins responsable et durable de ces sources, au détriment de la population palestinienne, mais aussi de ses voisins arabes, est donc à craindre.

Un enjeu majeur pour toute la région

Pour Israël, le contrôle de l’eau est impératif pour deux raisons majeures : tout d’abord en raison de l’idée que se fait le pays de sa propre autosuffisance alimentaire ; et bien sûr en tant que moyen de pression sur les territoires palestiniens et voisins. La Jordanie est le voisin qui souffre de plus de cette politique : le contrôle militaire des sources du Jourdain au Golan permet à Israël d’empêcher tout projet de détournement, même partiel, des eaux de la rivière par la Jordanie. En ce qui concerne la Syrie : l’Euphrate et le Tigre sont des fleuves encore plus importants géostratégiquement parlant. Le Liban, cependant, dispose de ressources importantes en eau, et ne dépend pas des politiques de ses voisins.

 Israël a démontré par le passé son appétence à employer sa supériorité militaire afin d’empêcher d’éventuelles constructions arabes qui chercheraient à limiter leur dépendance vis à vis des territoires contrôlés par l’Etat hébreu.

Le peuple qui souffre le plus de ces politiques est sans aucun doute le peuple palestinien. En Cisjordanie, les conditions sont alarmantes, avec un stress hydrique important et une majorité de la population qui n’a pas accès à des quantités d’eau suffisantes pour vivre convenablement. Les coupures d’eau sont fréquentes, et les robinets sont fermés plusieurs jours par semaine, et ce même dans les grandes villes. La bande de Gaza connait un sort encore pire : seulement 5 à 10% des eaux puisées sont potables, favorisant la propagation de maladies et une forte mortalité infantile.

La politique israélienne est donc la « source » d’importants problèmes environnementaux et géopolitiques, autant en raison de sa surexploitation des ressources de la région que de sa stratégie visant à affaiblir ses voisins au travers de ce qui est devenu une arme géostratégique : le contrôle de l’eau.

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Egypt is not Iran

In the light of the recent events in the Arab world, some might be inclined to compare the Iranian Islamic Revolution and the popular movements we witness today. Some similarities are evident: long-lasting dictatorship, along with alliances with countries perceived as hostile by the population, nepotism and widespread corruption among the elites.

Beside these similarities, large differences exist: first of all, the economic background: while Iran could rely on its natural resources (some might want to consider tourism, especially in Egypt, as being comparable, though); the thread of today’s revolutions being Islamic, are minor, too. Eventually, the Muslim Brotherhood will gain more influence in Egypt, as well as fundamentalist might in Tunisia: still, time have changed, and after 9/11, a government comparable to the Iranian one is hardly possible, especially as those countries are largely depending on Western subsidies.

Concerning Islam, there also is a major difference between Sunnites and Shiites: while the latter have a tradition of administrated religion (somehow like Christianity), the Sunnites lack this strategic point of government.

While the reason for the public unrest in the Arab countries today might be similar to the situation in Iran 1979 (but those reasons also drove most of the revolution in history!), the outcome is not likely to be the same: though, tomorrow’s Tunisia is hardly predictable, a future « Iranian – style » it’s not going to be.

This text was first published on quora.com on Feb 1, 2011

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