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décembre 11, 2019
intelligence strategique
Cyberdefense

Cyberespace : guerre paradigmatique ou désinformation calculée?

Ça y est ; après les États-Unis et la Chine, c’est au tour du Royaume-Uni de reconnaître disposer d’une force de cyberattaque. Aux quatre champs de bataille traditionnels (terre, mer, air, espace) de plus en plus d’experts en sécurité y ajoutent un cinquième : le cyberespace. Si rares sont les personnes a nier l’importance des activités cyber, force est de constater que deux grands paradigmes s’opposent : le premier ne souhaite voir dans le cyberespace que le prolongement des champs de bataille existant (transposition des normes et logiques classiques dans le monde virtuel) ; quand le second prône une re-conceptualisation totale des paradigmes de défense, en intégrant l’unicité du cyberespace.

Le ministre britannique de la Défense, Nick Harvey, en affirmant « le cyberespace est un nouveau champ de bataille, mais les règles et les normes, la logique et les standards qui s’appliquent dans d’autres domaines ont leur équivalent dans le cyberespace », s’inscrit clairement dans le courant « conservateur. » Par opposition, les pays les plus progressistes, comme la Chine ou Israël font preuve de beaucoup plus de créativité dans les techniques déployées, justement en raison du peu de contraintes orthodoxes dans la vision du cyberespace (même si cette « créativité » reste présumée au regard du secret entretenu autour des activités des cellules en charge du monde cyber).

Mais si l’on regarde la tendance actuelle, qui est de reconnaître, petit à petit, l’existence de programmes de défense (ou d’attaque) consacrés au cyberespace, nous sommes en droit de nous demander si la communication des gouvernants ne s’inscrit pas dans le cadre d’une stratégie classique visant à conduire des adversaires à sous-estimer un acteur international (comme un État) par le biais d’une désinformation axée sur une hypothétique adoption d’un paradigme conservateur.

Bien sûr, le lecteur attentif aura compris que le postulat de départ de ce billet classe le paradigme progressiste comme supérieur au conservateur. La réalité d’une telle assertion sera discutée dans une prochaine note.

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