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décembre 12, 2019
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Geopolitique

Économie américaine : le paradoxe logique

La dette américaine gonfle ; les agences de notation la placent sous surveillance négative ; le plafond d’endettement public est atteint ; la politique de quantitative easing est calamiteuse ; la masse monétaire augmente ; la crise politique s’enlise ; la création d’emplois est plus faible que prévue ; le prix de l’énergie plus fort…

Qu’à cela ne tienne, les perspectives économiques sont revues… à la hausse!

En effet, le Président de la Réserve Fédérale (Fed, pour les intimes), Ben Bernanke, a déclaré hier, lors d’une conférence à Atlanta, que tous les mauvais chiffres de l’économie de la première puissance économique mondiale, largement repris par les médias, n’empêcheront pas l’activité américaine de reprendre fortement, pour atteindre 3 à 4% au second semestre.

Modestement, il a déclaré sa foi en la poursuite de la reprise post-crise, modérée mais réelle, selon lui. Il occulte complètement les problèmes structurels de l’économie américaine, et les conjoncturels. De plus, même s’il n’a rien dit sur la poursuite, ou l’arrêt, de la politique de quantitative easing de la Fed, il a tout de même affirmé que les marchés avaient besoin de taux d’intérêt bas ; un indice pour l’avenir (peut-être la fin de la politique de QE, mais pas de hausse importante des taux d’intérêt, hausse qui découragerait le crédit).

Au final, à affirmer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, Bernanke semble relativement peu crédible. Mais peut-il faire autre chose que clamer sa confiance en la solidité de  la croissance économique américaine? Un de ses prédécesseurs, Alan Greenspan, a déjà déclenché l’éclatement d’une bulle en reconnaissant son existence. La dernière chose que Bernanke veut est de répéter la même erreur.

Mais serait-ce vraiment une erreur que d’affirmer l’insoutenabilité de la situation américaine? Certes cela pourrait déclencher une crise, mais est-elle évitable? Vaut-il mieux qu’elle advienne aujourd’hui? Dans 1 an? Dans 5?

Dans tous les cas, les déclarations du Président de la Fed laissent supposer que les États-Unis ont fait leur choix : le plafond de la dette sera relevé (pour la dixième fois en 10 ans), les taux d’intérêt bas maintenus, et la pompe à dollar activée. La fuite en avant continue.

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