Le dark web désigne les sites accessibles seulement par des réseaux d’anonymisation comme Tor. FranceTerme rattache la notion à l’« internet clandestin », équivalent officiel de darknet publié au Journal officiel du 26 septembre 2017. Selon cette définition, l’internet clandestin est un ensemble de réseaux conçus pour assurer l’anonymat des utilisateurs par une architecture décentralisée. Le dark web n’est ni illégal par nature ni réservé aux activités criminelles.
Comment ça fonctionne
Le web se découpe en trois couches selon l’indexation et le mode d’accès.
- Web surfacique : les pages que Google, Bing et les autres moteurs usuels indexent et affichent.
- Deep web : FranceTerme le nomme « toile profonde », la « partie de la toile qui n’est pas accessible aux internautes au moyen des moteurs de recherche usuels ». Bases de données, messageries et espaces à accès restreint en font partie.
- Dark web : les sites hébergés sous forme de services onion, joignables uniquement par un réseau comme Tor.
Les services onion reposent sur le réseau Tor et son navigateur. Selon la documentation du Tor Project, ce sont des services, comme des sites web, accessibles uniquement par le réseau Tor. Leur localisation et leur adresse IP sont masquées, et le trafic est chiffré de bout en bout. L’adresse en .onion est générée automatiquement, sans achat de nom de domaine.
Des médias et des ONG exploitent le dark web à des fins légitimes. Le Tor Project cite BBC News, Deutsche Welle, Amnesty International et l’EFF parmi les organisations dotées d’un service onion. SecureDrop, projet de la Freedom of the Press Foundation, permet aux rédactions de recevoir des documents de sources anonymes. Selon le site du projet, The Guardian, Der Spiegel et Disclose l’utilisent.
Le droit sanctionne les actes commis sur le dark web, pas le réseau employé. Le trafic de stupéfiants ou la vente de données volées restent des infractions, quel que soit le réseau. L’accès frauduleux à un système relève de l’article 323-1 du Code pénal. Une recherche OSINT sur ces espaces se limite à l’observation, sans achat ni participation.
Exemple
Le démantèlement d’Archetyp Market montre le versant criminel du dark web. Selon un communiqué d’Eurojust du 16 juin 2025, la plateforme comptait plus de 600 000 utilisateurs et environ 3 200 vendeurs. Elle a servi à vendre des drogues pour au moins 250 millions d’euros. Une semaine d’action, du 11 au 13 juin 2025, a mobilisé environ 300 agents. Huit personnes ont été arrêtées, dont l’administrateur en Espagne, et 7,8 millions d’euros d’avoirs saisis.
À ne pas confondre avec
- Deep web : la toile profonde regroupe tout contenu non indexé, comme une messagerie ou un intranet. FranceTerme demande de la distinguer de l’internet clandestin.
- Darknet : le darknet désigne le réseau lui-même, le dark web les sites qu’on y consulte. FranceTerme ne propose un équivalent officiel que pour darknet : « internet clandestin ».
- Google dorks : les requêtes avancées explorent l’index de Google, donc le web surfacique. Les services onion ne sont accessibles que par le réseau Tor.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le dark web ?
Le dark web regroupe les sites accessibles uniquement par des réseaux d'anonymisation comme Tor, appelés services onion. FranceTerme le rattache à l'« internet clandestin » (Journal officiel du 26 septembre 2017).
Quelle est la différence entre deep web et dark web ?
Le deep web, ou toile profonde, regroupe tout ce que les moteurs usuels n'indexent pas : messageries, bases de données, intranets. Le dark web n'en est qu'une partie, joignable seulement par un réseau d'anonymisation comme Tor.
Est-il illégal d'aller sur le dark web ?
Le Tor Project documente des usages légitimes, comme les services onion de BBC News ou SecureDrop. Ce sont les actes commis qui tombent sous le coup de la loi : trafic, vente de données volées, accès frauduleux à un système.
SOURCES
- Internet clandestin, FranceTerme, ministère de la Culture (Journal officiel), JO du 26/09/2017
- Toile profonde, FranceTerme, ministère de la Culture (Journal officiel), JO du 26/09/2017
- Onion services (documentation Tor Browser), The Tor Project, consultée le 27/09/2026
- Onion Services, The Tor Project (Community portal), consultée le 27/09/2026
- SecureDrop, Freedom of the Press Foundation, consultée le 27/09/2026
- Largest illegal trading platform for drugs taken down (Archetyp), Eurojust, 16/06/2025
- Code pénal, article 323-1, Légifrance, version en vigueur depuis le 26/01/2023