Aller au contenu
Intelligence Stratégique
DERNIÈRE PUBLICATION 27.09.26
005

Deepfake

Un deepfake (hypertrucage) est une image, une vidéo ou un enregistrement sonore généré ou manipulé par intelligence artificielle, qui imite une personne ou un événement réel au point de pouvoir passer pour authentique.

RÉVISÉ LE 27.09.2026 · D. HERNANDEZ9 SOURCES DE RÉFÉRENCEOSINT

Un deepfake est un contenu visuel ou sonore généré ou manipulé par intelligence artificielle, qui imite une personne, un lieu ou un événement réel. Le règlement européen sur l’IA le nomme « hypertrucage ». Son article 3, point 60, vise un contenu généré ou manipulé par l’IA « présentant une ressemblance avec des personnes, des objets, des lieux, des entités ou événements existants ». En France, le terme officiel recommandé est « infox vidéo », ou « vidéotox », selon le vocabulaire publié au Journal officiel du 23 mai 2020.

Comment ça fonctionne

Un deepfake repose sur l’apprentissage profond (deep learning), d’où son nom. La fiche FranceTerme « infox vidéo » en décrit trois techniques (FranceTerme). La fiche cite l’analyse des expressions du visage, la synthèse de la voix et la synchronisation des lèvres. Un modèle entraîné sur des images ou des enregistrements d’une personne reproduit ensuite son visage ou sa voix. Les outils d’OSINT servent ensuite à vérifier l’origine d’un contenu suspect.

Exemple

Viginum, service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères rattaché au SGDSN, documente un cas en Moldavie. Son rapport du 7 février 2025 sur l’IA et les manipulations de l’information reprend une contribution du Service européen pour l’action extérieure (SGDSN). Début octobre 2024, une vidéo générée par IA imitant la voix de la présidente Maia Sandu a circulé sur Telegram et TikTok. Selon ce rapport, la vidéo prétendait que l’adhésion à l’Union européenne obligerait le pays à adopter certaines lois, avant l’élection présidentielle et le référendum.

À ne pas confondre avec

  • Montage classique : un trucage réalisé sans IA (coupe, ralenti, recadrage). Le rapport de Viginum parle de « cheap fakes », et l’article 226-8 du Code pénal réprime aussi ce type de montage.
  • Infox : information fausse ou trompeuse, quel que soit son support. Le deepfake en constitue une forme audiovisuelle.
  • Contenu généré par un LLM : un grand modèle de langage produit du texte ; le deepfake vise l’image et le son.

Ce que dit le droit

Le Code pénal vise expressément les contenus générés par algorithme depuis la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, dite SREN (Légifrance).

  • Article 226-8 : diffuser sans consentement un contenu visuel ou sonore généré par algorithme et représentant une personne est un délit. La peine est d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. L’infraction suppose que le caractère artificiel ne soit ni évident ni mentionné. Les peines passent à deux ans et 45 000 euros en ligne.
  • Article 226-8-1 : la diffusion non consentie d’un contenu à caractère sexuel est punie de deux ans et 60 000 euros. La peine passe à trois ans et 75 000 euros en ligne.
  • AI Act (règlement (UE) 2024/1689), article 50, paragraphe 4 : le déployeur d’un système produisant un hypertrucage signale que le contenu a été généré ou manipulé par une IA. Selon l’article 113, cette obligation s’applique depuis le 2 août 2026.
  • Omnibus numérique : le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 ne reporte pas le paragraphe 4. Il ajoute à l’article 5 une interdiction, applicable le 2 décembre 2026, visant certains systèmes d’IA qui produisent des images intimes réalistes d’une personne identifiable sans son consentement.

À jour au 27/09/2026.

Questions fréquentes

Est-ce illégal de faire un deepfake ?

En France, l'article 226-8 du Code pénal punit la diffusion sans consentement d'un contenu généré par algorithme représentant une personne, sauf si son caractère artificiel est évident ou mentionné. Le texte vise la diffusion au public ou à un tiers. L'article 226-8-1 aggrave les peines pour les contenus sexuels.

Quel est le mot français pour deepfake ?

Le vocabulaire officiel publié au Journal officiel du 23 mai 2020 recommande « infox vidéo » ou « vidéotox ». Le règlement européen sur l'IA, dans sa version française, emploie « hypertrucage ».

Comment reconnaître un deepfake ?

La vérification remonte à la source : premier compte diffuseur, date, contenu original, recoupement avec des sources indépendantes. Depuis le 2 août 2026, l'AI Act impose aux déployeurs de signaler les hypertrucages, sans empêcher les diffusions illicites.

SOURCES

  1. Code pénal, article 226-8 (version en vigueur depuis le 23/05/2024, modifié par la loi n° 2024-449, art. 15), Légifrance, version en vigueur depuis le 23/05/2024
  2. Code pénal, article 226-8-1 (créé par la loi n° 2024-449, art. 21), Légifrance, version en vigueur depuis le 23/05/2024
  3. Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique, Légifrance (JORF n° 0117 du 22/05/2024), 21/05/2024
  4. Règlement (UE) 2024/1689 (règlement sur l'intelligence artificielle), art. 3 point 60, art. 50 § 4, art. 113, Journal officiel de l'Union européenne, JO L du 12/07/2024
  5. Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (train de mesures omnibus numérique sur l'IA), Journal officiel de l'Union européenne, JO L du 24/07/2026, en vigueur le 27/07/2026
  6. Vocabulaire de la culture : édition, médias et mode (liste de termes, expressions et définitions adoptés), NOR CTNR2007595K, Légifrance (JORF n° 0125), 23/05/2020
  7. Infox vidéo, FranceTerme (ministère de la Culture), JO du 23/05/2020
  8. Défis et « opportunités » de l'intelligence artificielle dans la lutte contre les manipulations de l'information, VIGINUM / SGDSN, 07/02/2025
  9. VIGINUM, service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, SGDSN, consulté le 27/09/2026