Le Whois est le service qui indique à qui un nom de domaine est confié et par quel intermédiaire : bureau d’enregistrement, serveurs de noms, dates, et parfois l’identité du titulaire. C’est aussi le nom du vieux protocole d’interrogation, peu à peu remplacé par RDAP. En 2026, il renseigne surtout sur l’infrastructure d’un site : l’identité d’un particulier y est presque toujours masquée.
Comment ça fonctionne
Le protocole est décrit dans la RFC 3912 (septembre 2004) : le client envoie une ligne de texte au port 43 du serveur, qui répond en texte libre puis ferme la connexion. Rien n’en normalise le contenu : chaque registre choisit ses champs et leur présentation. La RFC le reconnaît elle-même, le Whois n’offre ni contrôle d’accès, ni intégrité, ni confidentialité, et ne sait pas indiquer le jeu de caractères employé.
Son successeur, RDAP (Registration Data Access Protocol), normalisé par l’IETF en juin 2021 (RFC 9083), répond en JSON avec des champs nommés et permet de réserver certaines données à des demandeurs authentifiés. L’ICANN en a fait la source de référence des extensions génériques (.com, .org) le 28 janvier 2025. Les extensions nationales, comme .fr ou .eu, suivent les règles de leur registre.
Exemple
Relevés faits pour cette fiche le 13/10/2026. Interrogé sur le port 43, le serveur de l’EURid, registre du .eu, répond pour intelligence-strategique.eu : titulaire « NOT DISCLOSED », bureau d’enregistrement TLD Registrar Solutions Ltd, serveurs de noms ns1 et ns2.o2switch.net, et aucune date de création. L’EURid précise que son Whois textuel « never discloses any information concerning the registrant » et renvoie vers son Whois web.
Le serveur RDAP de l’Afnic en dit davantage sur cnil.fr : enregistrement en octobre 1997, serveurs de noms chez Cloudflare, et titulaire nommé, puisqu’il s’agit d’une autorité publique et non d’un particulier. Enfin, le fichier d’amorçage RDAP de l’IANA, dans sa version du 30/09/2026, déclare un serveur RDAP pour 1 203 extensions, sur les 1 437 que l’IANA recense au 13/10/2026 ; le .eu n’y figure pas.
Notre lecture : le Whois sert encore à dater un domaine et à repérer son hébergeur ou son bureau d’enregistrement, rarement à identifier une personne. Il faut aussi savoir, selon l’extension, s’il faut interroger le Whois, le RDAP ou le service web du registre.
Ce que dit le droit
Dans l’Union, l’article 28 de la directive (UE) 2022/2555, dite NIS 2, impose aux registres et aux bureaux d’enregistrement de collecter des données d’enregistrement exactes et complètes. Ils doivent publier sans retard injustifié celles qui ne sont pas personnelles et répondre dans un délai de 72 heures aux demandes d’accès légitimes et dûment motivées. Les données d’un titulaire personne physique restent protégées par le RGPD : leur masquage n’est donc pas, en soi, un signe de dissimulation. Texte à jour au 13/10/2026 ; la directive s’applique à travers la loi de transposition de chaque État membre.
À ne pas confondre avec
- DNS : le système qui traduit un nom de domaine en adresse de serveur. Le Whois dit qui a déposé le nom et chez qui, le DNS dit où il pointe.
- Bureau d’enregistrement : l’intermédiaire qui vend le nom au titulaire. Le registre, lui, gère toute l’extension, comme l’Afnic pour le .fr ou l’EURid pour le .eu.
- Hébergeur : l’entreprise qui loge le site. Elle peut être distincte du bureau d’enregistrement, comme le montre le relevé ci-dessus.
Questions fréquentes
Comment savoir à qui appartient un nom de domaine ?
En interrogeant le Whois ou le RDAP de son extension. Pour un particulier, l'identité est en général masquée : l'accès passe alors par une demande motivée auprès du registre ou du bureau d'enregistrement.
Le Whois existe-t-il encore ?
Oui, mais pour les extensions génériques l'ICANN a fait du RDAP la source de référence le 28 janvier 2025. Des registres nationaux, dont l'EURid pour le .eu, maintiennent leur Whois.
Pourquoi le Whois affiche-t-il « non divulgué » ?
Parce que le registre ne publie pas les données personnelles du titulaire. Les données techniques, comme le bureau d'enregistrement et les serveurs de noms, restent visibles.
SOURCES
- RFC 3912, WHOIS Protocol Specification, IETF (L. Daigle), septembre 2004
- RFC 9083, JSON Responses for the Registration Data Access Protocol (RDAP), IETF (S. Hollenbeck, A. Newton), juin 2021
- ICANN Update: Launching RDAP; Sunsetting WHOIS, ICANN, 27/01/2025
- Directive (UE) 2022/2555 (NIS 2), article 28, Journal officiel de l'Union européenne, 14/12/2022, consultée le 13/10/2026
- Fichier d'amorçage RDAP des domaines (dns.json), IANA, version du 30/09/2026, consultée le 13/10/2026
- Réponse RDAP pour cnil.fr, Afnic, relevé fait pour cette fiche, 13/10/2026