Le DNS (Domain Name System) est l’annuaire distribué d’Internet : il traduit un nom de domaine en adresse de serveur et indique, pour ce nom, où acheminer le courrier et quels services y sont rattachés. Décrit en novembre 1987 par Paul Mockapetris dans les RFC 1034 et 1035, il est public par construction : n’importe qui peut lire les enregistrements d’un domaine, ce qui en fait une source de premier plan en OSINT.
Comment ça fonctionne
L’espace des noms est un arbre. La racine délègue chaque extension (.fr, .eu) à un registre, qui délègue chaque domaine à des serveurs dits « faisant autorité ». Quand on saisit une adresse, un résolveur, le plus souvent celui du fournisseur d’accès, parcourt cette chaîne, puis garde la réponse en mémoire pendant la durée fixée par le domaine (TTL).
Chaque domaine porte des enregistrements typés. Les plus utiles à l’analyste : A et AAAA (adresses IPv4 et IPv6 du serveur), NS (serveurs de noms, qui désignent souvent l’hébergeur), MX (serveurs de messagerie), TXT (texte libre, où l’on trouve la règle anti-usurpation SPF et des preuves de propriété demandées par des services tiers) et CNAME (alias vers un autre nom). La signature DNSSEC, décrite dans la RFC 4033 (mars 2005), permet de vérifier qu’une réponse n’a pas été falsifiée en route.
Exemple
Relevé fait pour cette fiche le 13/10/2026 sur le domaine de ce site, intelligence-strategique.eu. Les serveurs de noms et le contact technique de la zone désignent l’hébergeur o2switch. Le domaine pointe vers une seule adresse IPv4, sans adresse IPv6, et www n’en est qu’un alias. Un serveur de messagerie est déclaré, et l’enregistrement SPF liste les serveurs autorisés à envoyer du courrier au nom du domaine. Aucun enregistrement CAA ne restreint les autorités de certification, et la zone n’est pas signée par DNSSEC. Son numéro de série, 2026092900, situe la dernière modification au 29 septembre 2026, si l’on suit la convention courante année, mois, jour.
Tout cela s’obtient sans visiter le site ni rien lui demander. C’est la force du DNS en enquête, et sa limite : il montre la configuration du jour, pas son histoire. Pour savoir vers quelle adresse un domaine pointait l’an dernier, il faut une base de DNS passif, que la RFC 9499 définit comme le stockage des réponses des serveurs de noms, interrogeable pour des questions historiques. Notre lecture : ces bases sont tenues par des acteurs privés, leur couverture varie, et une absence d’historique n’y prouve pas qu’un domaine était inactif.
Ce que dit le droit
La directive (UE) 2022/2555, dite NIS 2, définit le fournisseur de services DNS (article 6, point 20) : celui qui offre une résolution récursive ouverte au public, ou une résolution faisant autorité pour des tiers, hors serveurs racines. Elle le classe parmi les entités essentielles quelle que soit sa taille (article 3), et l’ENISA tient un registre de ces fournisseurs (article 27). Texte à jour au 13/10/2026 ; la directive s’applique à travers la loi de transposition de chaque État membre.
À ne pas confondre avec
- Whois : le service qui dit qui a déposé un nom de domaine et chez quel bureau d’enregistrement. Le DNS dit où ce nom pointe.
- Nom de domaine : la chaîne lisible déposée auprès d’un bureau d’enregistrement. Le DNS est le système qui la rend utilisable.
- Adresse IP : l’adresse d’une machine sur le réseau. Elle peut changer sans que le nom change, et une même adresse peut servir des centaines de domaines chez un hébergeur mutualisé.
Questions fréquentes
Que veut dire DNS ?
Domain Name System, ou système de noms de domaine : l'annuaire distribué qui fait correspondre un nom de domaine à l'adresse IP du serveur qui le sert.
À quoi sert un enregistrement MX ?
Il désigne le ou les serveurs qui reçoivent le courrier d'un domaine, avec un ordre de priorité. Il révèle souvent, au passage, le service de messagerie qu'utilise l'organisation.
Peut-on voir l'historique DNS d'un domaine ?
Pas avec le DNS lui-même, qui ne donne que l'état actuel. Il faut une base de DNS passif, qui enregistre les réponses observées au fil du temps.
SOURCES
- RFC 1034, Domain Names: Concepts and Facilities, IETF (P. Mockapetris), novembre 1987
- RFC 4033, DNS Security Introduction and Requirements, IETF (R. Arends et al.), mars 2005
- RFC 9499, DNS Terminology (BCP 219), définition du DNS passif, IETF, mars 2024
- Directive (UE) 2022/2555 (NIS 2), articles 3, 6 et 27, annexe I, Journal officiel de l'Union européenne, 14/12/2022, consultée le 13/10/2026
- Relevé des enregistrements NS, A, AAAA, MX, TXT, CAA, SOA et DS d'intelligence-strategique.eu, relevé fait pour cette fiche (dig), 13/10/2026